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Les
normes pour la qualité de leau potable vont changer. La
France a deux ans pour transposer dans sa réglementation le texte
adopté en décembre dernier par lUnion européenne.Les valeurs
paramétriques retenues reprennent les recommandations de lOMS,
ou vont au-delà. La directive a pour principes généraux de garantir
« un haut niveau de protection de la santé au niveau européen
». Cest une plate-forme commune à tous les États de lUnion,
et obligatoire. Rien nempêche les États membres dajouter
des paramètres et de durcir les normes si la situation locale
lexige.Trois changements principaux vont intervenir :
le nombre de paramètres retenus diminue pour se focaliser sur
ceux qui ont réellement une signification sanitaire ; le
contrôle de la qualité de leau seffectuera au robinet
du consommateur ;
la norme pour le plomb passera de 50 mg/l à 10 mg/l.On en retire,
on en ajoute, on en rend dautres plus sévères : de 62 dans
la loi de juillet 1980, le nombre de paramètres descend ainsi
à 48.
Les
nouveaux :
acrylamide, épichlorhydrine, chlorure de vinyle. Substances qui
peuvent être apportées par les produits de traitement de leau
ou les matières plastiques.Benzène, dichloroéthane, tétrachloroéthylène
et trichloroéthylène : on peut les trouver dans les eaux brutes,
notamment souterraines.Bromates : ils proviennent de la réaction
du bromure, présent naturellement dans leau, aux traitements
à lozone, méthode très utilisée pour lélimination
des pesticides.
Les
plus sévères
: hydrocarbures aromatiques polycycliques (dont plusieurs sont
cancérigènes), plomb, nickel, arsenic, antimoine.
Les
indicateurs :
certains paramètres ont été considérés comme sans incidence directe
sur la santé. Ils ne sont pas abandonnés mais uniquement pris
comme indicateurs. Cest le cas des sulfates, du sodium,
des chlorures et de laluminium, car lOMS estime que
la part daluminium ingérée à travers leau de boisson
est négligeable (5 %) par rapport à celle quapportent les
aliments.
Changement
de conduite
La qualité
de leau sera mesurée au robinet du consommateur, mesure
à relier directement à la baisse des normes plomb : en quinze
ans, les taux devront passer de 50 mg/l (norme actuelle) à 10
mg/l Or le plomb, qui provoque le saturnisme, est quasiment
inexistant dans les eaux brutes, il provient de la corrosion des
tuyaux de distribution et surtout des installations intérieures.Les
distributeurs nentendent pas être tenus pour responsables
des installations privées.Sur les réseaux de distribution, près
de la moitié des branchements des habitations sont encore en plomb.
Ils devront être remplacés. Dans les maisons individuelles, chacun
pourra choisir ou non de changer sa tuyauterie, mais que va-t-il
se passer dans les immeubles collectifs ? Les travaux pourront
sélever à plus de 10 000 F par appartement. Bernard Barraqué,
directeur de recherche au CNRS, parle dun coût total de
130 milliards de francs pour la France (Chiffres cités lors du
colloque « Comment gagner la bataille de la qualité de leau
potable », organisé lan dernier au Sénat par le Cercle français
de leau.). Cest cher pour un changement de conduite,
mais cest le prix de la santé.