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Septembre 1999

L’Europe toilette ses normes

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La nouvelle directive Eau potable

 

 

Les normes pour la qualité de l’eau potable vont changer. La France a deux ans pour transposer dans sa réglementation le texte adopté en décembre dernier par l’Union européenne.Les valeurs paramétriques retenues reprennent les recommandations de l’OMS, ou vont au-delà. La directive a pour principes généraux de garantir « un haut niveau de protection de la santé au niveau européen ». C’est une plate-forme commune à tous les États de l’Union, et obligatoire. Rien n’empêche les États membres d’ajouter des paramètres et de durcir les normes si la situation locale l’exige.Trois changements principaux vont intervenir :


orange1.gif (606 octets) le nombre de paramètres retenus diminue pour se focaliser sur ceux qui ont réellement une signification sanitaire ;
orange1.gif (606 octets)le contrôle de la qualité de l’eau s’effectuera au robinet du consommateur ;
orange1.gif (606 octets) la norme pour le plomb passera de 50 mg/l à 10 mg/l.On en retire, on en ajoute, on en rend d’autres plus sévères : de 62 dans la loi de juillet 1980, le nombre de paramètres descend ainsi à 48.

Les nouveaux : acrylamide, épichlorhydrine, chlorure de vinyle. Substances qui peuvent être apportées par les produits de traitement de l’eau ou les matières plastiques.Benzène, dichloroéthane, tétrachloroéthylène et trichloroéthylène : on peut les trouver dans les eaux brutes, notamment souterraines.Bromates : ils proviennent de la réaction du bromure, présent naturellement dans l’eau, aux traitements à l’ozone, méthode très utilisée pour l’élimination des pesticides.

Les plus sévères : hydrocarbures aromatiques polycycliques (dont plusieurs sont cancérigènes), plomb, nickel, arsenic, antimoine.

Les indicateurs : certains paramètres ont été considérés comme sans incidence directe sur la santé. Ils ne sont pas abandonnés mais uniquement pris comme indicateurs. C’est le cas des sulfates, du sodium, des chlorures et de l’aluminium, car l’OMS estime que la part d’aluminium ingérée à travers l’eau de boisson est négligeable (5 %) par rapport à celle qu’apportent les aliments.

Changement de conduite

La qualité de l’eau sera mesurée au robinet du consommateur, mesure à relier directement à la baisse des normes plomb : en quinze ans, les taux devront passer de 50 mg/l (norme actuelle) à 10 mg/l… Or le plomb, qui provoque le saturnisme, est quasiment inexistant dans les eaux brutes, il provient de la corrosion des tuyaux de distribution et surtout des installations intérieures.Les distributeurs n’entendent pas être tenus pour responsables des installations privées.Sur les réseaux de distribution, près de la moitié des branchements des habitations sont encore en plomb. Ils devront être remplacés. Dans les maisons individuelles, chacun pourra choisir ou non de changer sa tuyauterie, mais que va-t-il se passer dans les immeubles collectifs ? Les travaux pourront s’élever à plus de 10 000 F par appartement. Bernard Barraqué, directeur de recherche au CNRS, parle d’un coût total de 130 milliards de francs pour la France (Chiffres cités lors du colloque « Comment gagner la bataille de la qualité de l’eau potable », organisé l’an dernier au Sénat par le Cercle français de l’eau.). C’est cher pour un changement de conduite, mais c’est le prix de la santé.

Fabienne de Jenlis







 

 

 

 

 

 

 
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