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Le 8 octobre, Nicole Fontaine, ministre déléguée
à l'Industrie, annonce qu'elle va proposer au gouvernement
d'adopter le principe du remplacement progressif des centrales
nucléaires vieillissantes par de nouvelles installations
appelées EPR (réacteur à eau pressurisée).
Depuis, ses déclarations en faveur de l'EPR ne cessent
de se multiplier. Des déclarations vivement contestées
par l'ensemble des écologistes, Greenpeace, la Criirad,
le Réseau sortir du nucléaire, la fondation Nicolas
Hulot et les Verts. Même le Parti socialiste qui ne partage
pas le point de vue des écologistes sur le nucléaire
dénonce l'absence de concertation. Dans un document EDF,
classé " confidentiel défense ", que vient
de publier, le Réseau sortir du nucléaire (1), le
directeur Énergie d'EDF explique qu'il n'est pas possible
de vérifier l'aptitude d'une centrale EPR à faire
face à un attentat aérien comme celui du 11 septembre.
Riposte des antinucléaires
Le Réseau sortir du nucléaire, fédération
de 650 associations, organise la riposte avec une campagne : "
Pour un vrai service public de l'électricité sans
nucléaire ". Il demande à tous les Français
de se prononcer contre la relance du nucléaire, le choix
des réacteurs EPR, et la privatisation d'EDF, en envoyant
des cartes postales à la ministre de l'Industrie, au PDG
et aux agences locales d'EDF. La campagne durera jusqu'au 31 mars
2004. Le document de campagne (qui comprend les cartes postales)
est à commander au Réseau, au prix de 0,5 €
(0,3 € l'exemplaire à partir de 10). Il organise aussi
une manifestation nationale le 17 janvier à Paris.
Les militants antinucléaires
menacés de prison
Soutenus par 200 manifestants et une pléiade d'associations
et de personnalités, dont de nombreux élus et deux
anciens ministres de l'Environnement (Corinne Lepage et Yves Cochet),
quatre militants Verts, comparaissaient devant le tribunal d'Avesnes-sur-Helpe
(59) le 19 novembre pour " avoir entravé la circulation
d'un train de matières radioactives ",
le 19 février 2003. Les peines demandées (600 €
d'amende) sont encore peu élevées, mais une récidive
pourrait entraîner de la prison. Un journaliste indépendant
est poursuivi pour la même raison, alors qu'il effectuait
un reportage sur cette manifestation. Le lobby nucléaire
tente de museler ceux qui le contestent. D'ailleurs le ministère
de l'Industrie a adopté en catimini, au mois d'août,
un arrêté qui classe " secret défense
" les informations concernant les matières nucléaires.
Pour les écologistes, ce texte est un coup bas qui les
menace jusqu'à 5 000 € d'amende et 5 ans de prison.
Sont particulièrement visés : le Réseau sortir
du nucléaire et le Réseau stop plutonium (une émanation
de Greenpeace (2) qui publient régulièrement des
informations détaillées sur le transport des matières
nucléaires, indiquant les trajets effectués, la
nature et les volumes des matières transportées
et précisant leur dangerosité.
R. P.
(1) Réseau Sortir du nucléaire,
9, rue Dumenge, 69317 Lyon cedex 04. Tél. : 04 78 28 29
22.www.sortirdunucleaire.org
(2) Greenpeace, 22, rue des Rasselins, 75020
Paris. Tél. : 01 44 64 02 95. www.greenpeace.fr
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